Interview de Edouard Choquet

Sport et entreprise
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La carrière d’un sportif de haut niveau s’achève relativement tôt. Commence alors une seconde carrière pour ces performers, dans le monde sportif ou non.

Diplômé d’un bac littéraire avec mention, il rejoint les bancs de la fac puis délaisse ses études pour se consacrer à sa passion : le basket. Il devient professionnel à Bordeaux puis au Portel. Il suit en parallèle un DU en gestion des entreprises à l’IAE de Caen. Sa carrière progresse - Fos, ASVEL, Champagne, Fos - de même que son parcours académique. Il obtient la certification TASS, est diplômé de Northumbria University en leadership & management, suit le programme Time Out de la FIBA puis désormais un master en marketing et développement commercial à l’INSEEC Chambéry.

Rencontre avec un sportif de haut niveau qui prépare son après carrière, Edouard Choquet.

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Edouard Choquet

Dans ton cursus de formation tu effectues un stage en entreprise. Peux-tu nous en parler et nous indiquer quelles sont les compétences apprises dans le sport que tu mobilises durant ce stage ?

J’effectue mon stage dans une société marseillaise, Sporeval. Centre d’expertise sport et santé, elle propose une évaluation de la performance des sportifs de haut niveau (coureur de fond, triathlète…).  Elle leur permet ainsi de corriger des détails pour améliorer leur performance. Sporeval propose également du coaching et des cours.

Mes missions ? Développement commercial, community management et marketing. L’objectif est de développer l’entreprise et son réseau de partenaires.

La principale compétence issue du sport que j’utilise est le -faire. Avant de réaliser une action, je réfléchis à mes options, j’en choisis une et je me lance. Je n’hésite pas et teste. Si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas grave, je passe au plan B. On demande au sportif d’avoir du résultat et pour ça, il est dans l’action. La théorie et la stratégie sont nécessaires, l’action doit y succéder sans trop attendre.

 

Quelles sont les compétences clés sportives qui te serviront au quotidien dans l’entreprise après ta carrière ?

On développe pas mal de compétences dans le sport de haut niveau et notamment :

  • L’indépendance et la performance : même si je fais du sport collectif, on est dans une démarche très concurrentielle. Les contrats sont annuels, tu ne sais pas si tu travailleras et où la saison suivante.
  • La capacité à encaisser la critique et les échecs : en tant que sportif on peut être exposé à des supporters ou un staff mécontents, s’entendre dire que l’on n’a pas été bon. C’est notre quotidien. D’un weekend à l’autre on va perdre ou gagner un match. On apprend à perdre depuis tout jeune et à gérer cette situation d’échec.

 

A quel moment as-tu commencé à penser à ton après carrière ?

J’y ai toujours plus ou moins pensé, plus par sécurité que par objectif.

Depuis que je suis entré dans le programme FIBA c’est une finalité. J’ai 30 ans, il me reste quelques années à faire mais j’approche du moment charnière. J’ai du temps libre lors des déplacements notamment que je peux consacrer à autre chose.

Je pense qu’il est bon de commencer le plus tôt possible. Les compétences acquises en tant que basketteur pro + des diplômes dans le secteur souhaité peuvent nous permettre de réaliser nos objectifs professionnels de la seconde partie de carrière.

 

Vers quel métier ou quel domaine envisages-tu de te tourner ?

Evidemment j’aimerais beaucoup travailler dans un club parce que c’est ce qui me passionne depuis toujours. Je voudrais pouvoir y apporter ce que j’ai appris. J’aime beaucoup aussi l’organisation d’événements. J’ai plusieurs idées.

 

Il me semble que peu de sportifs de haut niveau anticipent aussi tôt leur après carrière. A ton avis pourquoi ?

Dans notre carrière de sportif de haut niveau on est dans une bulle. On s’entraine deux fois par jour, on est aidé au quotidien par le staff pour nos tâches administratives, etc.. On peut donc facilement être centrés sur nous-mêmes et oublier qu’il y a une suite.

C’est un peu dommageable car ça pourrait être un combat des clubs. Dire qu’ils veulent faire de leurs joueurs de grands joueurs et des hommes accomplis. Leur donner une possibilité d’acquérir des compétences supplémentaires avec un diplôme grâce à des partenariats privés.

 

Si tu devais donner 2 conseils aux sportifs en termes de reconversion ?

  • S’y prendre tôt : ne pas attendre que la fin de carrière soit là. L’après se réfléchit et s’anticipe.
  • Savoir s’entourer : ne pas être seul dans cette démarche, en discuter avec des personnes extérieures, éventuellement se faire accompagner.

 

Quel est l’exemple de reconversion qui te fait rêver ?

Il y a des personnalités intéressantes. Par exemple :

  • Zinedine Zidane : il a été joueur. On ne savait pas trop s’il aurait un jour la capacité de coacher. Il s’est formé pour ça, et aujourd’hui il n’a que des résultats positifs.
  • Frédérick Bousquet : champion olympique de natation, il a aujourd’hui un poste à la mairie de Marseille. C’est une personne qui a très tôt pensé à la suite et qui a su se former en parallèle de sa carrière.

 

Tu lis actuellement Start with why de Simon Sinek. Quel est ton why ?

Question difficile. Je dirais aujourd’hui que c’est un cheminement autour de la question comment sortir de cette identité unique du sportif de haut niveau. On s’identifie trop à notre métier. Je ne veux pas que mon identité se réduise à mon métier. Si je parviens un jour à un poste clé dans l’entreprise, je veux que ce soit pour toutes mes compétences et pas seulement pour mon passé de basketteur.

 

Tu es très actif sur le réseau social pro Linkedin, qu’est-ce que cela t’apporte ?

Oui, j’y suis assez actif. Le fait que ce soit un réseau professionnel est intéressant. Avec Linkedin je peux échanger avec des gens de la région assez facilement. J’ai rencontré pas mal d’entrepreneurs comme ça, juste pour discuter. C’est facile d’accès et tu peux tomber sur des gens très sympas qui sont prêts à t’écouter.

 

Tu as récemment créé une association...

Oui, il y a à peine un mois. Elle s’appelle Grandir sous la même étoile. Son objectif est de promouvoir l’éducation et ce notamment chez les jeunes plutôt issus de milieux défavorisés via des événements sportifs. Les valeurs du sport peuvent apporter beaucoup à l’éducation. L’idée est de créer des événements autour de ces deux thèmes [éducation et sport] et d’aider les jeunes à croire un peu plus en eux et en l’avenir.

 

Propos recueillis par Séverine Le Jeune 

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