Rebondir après l'échec

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Perte d'emploi, prospect non transformé, client historique perdu, séparation, accident de la vie, sont autant d'échecs dans nos vies personnelles et professionnelles. Qu'ils relèvent de l'une ou l'autre, ils impacteront nécessairement la seconde.

 

D'abord rejeté, l'échec fait naître des sentiments forts chargés de négativité. Je suis nul. Je ne sers à rien. Je n'y arriverai jamais. Qui n'a jamais ressenti ces émotions ? Qui n'a jamais eu envie de tout envoyer valser et d'aller élever des pingouins en Antarctique (ou des lamas en Bolivie...enfin ce que vous voulez) suite à un échec ? Comment avez-vous fait pour aller de l'avant ? 

 

Nous distinguons 4 étapes après le rejet :

- L'abandon : je baisse les bras, je ne crois plus en moi et perd toute confiance en moi. Petit à petit, l'abandon laisse place au lâcher prise, prémice de l'acceptation.

- L'acceptation : j'ai vécu l'échec de façon plus ou moins profonde et intense. Avec le temps et la prise de recul associée, je reconnais l'échec. Je reconnais également qu'il appartient au passé et que je peux désormais avancer.

- Le besoin de changement : j'analyse l'échec avec détachement et j'en tire les enseignements qui s'imposent. Je me remets en question. 

- Mise en place des actions correctives : je modifie ma façon de faire ou mon approche. La mise en place d'actions correctives implique un apprentissage. J'ai appris de mes erreurs. Elles me font progresser.

 

Accepter de perdre permet de lâcher prise, de se concentrer sur ses points forts, ses talents, les faits. Aussi, il n'y a pas d'échec, il y a des expériences.

Ce qu'on en fait est essentiel. L'objectif est de savoir quel(s) enseignement(s) en tirer pour progresser vers plus de compétences, de connaissances, de savoir-faire et savoir-être dans un souci d'épanouissement. 

 

Plutôt que de parler d'échec qui induit une notion de rupture voire d'arrêt brutal, privilégions la notion d'obstacle. Sur un chemin les obstacles sont salvateurs. Ils nous poussent dans nos retranchements pour progresser. Les obstacles rencontrés dans mon passé ont fait naître la personne que je suis aujourd'hui. 

Et si l'échec n'était pas d'échouer mais de ne pas se servir de cet échec pour grandir ?

 

En témoigne l'exemple du terme crise. En chinois Weiji signifie à la fois danger et opportunité. Il sous-tend le fait que dans tout danger, il y a une opportunité. De la même façon, l'échec nous pousse à changer, à nous améliorer.

 

Dans le sport, ce n'est pas nécessairement celui qui a le plus de talent qui gagne. C'est celui qui a le souci de se perfectionner et de se remettre en question chaque jour. Affronter l'échec n'est pas un piège. C'est un tremplin vers la réussite. En compétition, le sportif qui tente quelque chose va certainement commettre une erreur. L'échec est la compagne permanente du sportif. Il existe également en entreprise lorsqu'une décision doit être prise.

 

Rebondir après un échec est ainsi une attitude.

Il s'agit :

- d'être en mode projet. J'essaie quitte à faire une erreur

- d'avoir une vision à moyen et long terme

- de voir dans l'échec une opportunité plutôt qu'un obstacle

 

Comme disait Nelson Mandela : "Je ne perds jamais, soit je gagne soit j'apprends"

 

Séverine Le Jeune

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